Halte au bétonnage des rives de la Bourges

HABITANT.es, AMI.es des Monts d’Ardèche

Connaissez-vous l’existence de ce projet immobilier titanesque intitulé « Sanctuaire du Coeur Immaculé de Marie » dans le petit village de Saint-Pierre-de-Colombier, à quelques kilomètres d’Aubenas ? Probablement que non, tant ce projet a été mené dans la plus grande opacité…

Porté par une communauté catholique, la « Famille Missionnaire Notre-Dame », ce projet pharaonique prévoit, dans un village de 400 habitant.es situé au cœur du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche (PNR), et sur une surface foncière de 7 hectares de terres à vocation agricole, la construction :

d’une « Basilique  » de 50 mètres et d’une surface au sol de 7 000 m², pouvant accueillir jusqu’à 3500 personnes
–  d’un parvis de 4 700 m² ainsi qu’une allée d’accès de 2 000 m²,
– d’un bâtiment d’hébergement comprenant 40 chambres,
– d’une passerelle sur la Bourges, dont deux piles se trouvent dans le lit de la rivière,
– d’un parking pour plusieurs cars servant à la dépose des visiteurs et visiteuses,

Au-delà de la disproportion avec le site choisi pour son édification, ce projet implanté en bord de rivière pose de sérieuses questions quant à son impact environnemental. Il empiète notamment sur une zone de migration importante d’amphibiens protégés recensée par plusieurs campagnes menées ces dernières années par les associations environnementales et le PNR. Pourtant, hormis une étude préliminaire lacunaire, aucune réelle étude d’impact environnemental n’a été réalisée. Et alors que différents services de l’État ont rendu des avis techniques sur ce projet, les instances du  Parc ont été soigneusement tenues à l’écart de ce processus.

Entre le printemps 2017, date de la demande de certificat d’urbanisme auprès de la mairie de Saint-Pierre-de-Colombier, et la publication du permis de construire à l’hiver 2019, aucune information n’a été délivrée par la mairie ou les pouvoirs publics auprès de la population. Il s’agit là d’une défaillance démocratique grave. La première phase des travaux a débuté au mois de mai, et les engins de chantier sont d’ores et déjà à l’œuvre dans le lit de la rivière, alors que ni les associations environnementales, ni le PNR, ni les habitant.es de la vallée n’ont eu leur mot à dire. 

Pourtant, les nuisances engendrées par ce projet dépassent de loin le seul village de Saint-Pierre-de-Colombier, mais rayonneront également sur les communes environnantes. Outre l’enjeu crucial de préservation de la biodiversité, c’est le cadre de vie de toute une vallée qui risque d’être fortement impacté :

 – Pollution visuelle d’une construction au gigantisme absolument disproportionné par rapport au village et à la vallée,

– Défilé d’autocars sur la RD 26, qui reste la seule porte d’entrée à toute la vallée, ainsi que sur la route de la Fontaulière qui dessert les communes de Meyras et Montpezat,

– Problématiques de la gestion de l’eau et du traitement des déchets liés à l’exploitation d’une infrastructure qui espère attirer plusieurs milliers de visiteurs et visiteuses,

– Accaparament de 7 hectares de prairies à vocation agricolequi auraient pu bénéficier à un projet d’installation, et qui jusqu’à présent étaient fauchées afin de produire du fourrage pour animaux d’élevage.

L’absence d’information en amont auprès de la population nous place, nous habitant.es, devant le fait accompli et nous prive semble-t-il de toute possibilité de recours juridique, même si des avocat.es sont actuellement en train d’étudier la question. Pour autant, nous refusons de céder face à cet état de fait absurde et révoltant. En Ardèche notamment, la lutte contre les projets d’exploitation des gaz et huiles de schiste a montré que la mobilisation populaire peut mettre en échec des projets anti-démocratiques allant à l’encontre des préoccupations environnementales qui sont devenues aujourd’hui un enjeu primordial.

Une première manifestation a rassemblé 350 habitant.es de la vallée au mois d’août, permettant de braquer les projecteurs sur la situation à Saint-Pierre-de-Colombier. Une pétition a déjà rassemblé plus de 2 500 signataires. Vous aussi pouvez agir à votre niveau : relayez l’information sur la mobilisation en cours dans vos réseaux, signez et faites signer la pétition, interpellez votre conseil municipal et vos élu.es départementaux, rejoignez-nous !

SIGNEZ LA PETITION : https://www.change.org/p/préfecture-de-l-ardèche-halte-au-projet-de-bétonnage-des-rives-de-la-bourges

Contactez-nous : lesamiesdelabourges@protonmail.com

— Revue de presse :

Pierre-de-Colombier
Ce samedi 10 août, 200 opposants au projet de la Famille missionnaire Notre-Dame ont dit non à la construction d’une église de 3 500 places. Annoncé à 17,7 millions d’euros, ce centre spirituel de la congrégation religieuse ne verra le jour au mieux que dans cinq ans. Le permis de construire a été délivré fin 2018, les travaux ayant commencé en mai 2019. L’impact environnemental, l’absence de communication de la municipalité, de la communauté de communes et de la préfecture sur ce sujet ont été critiqués par les habitants de la vallée de la Bourges.
(Le Dauphiné Libéré)

À Saint-Pierre-de-Colombier, polémique autour de la construction d’une église
Ce samedi matin, à 11 heures, des habitants de Saint-Pierre-de-Colombier en Ardèche se réunissent pour protester contre la construction d’une église. Un projet de la Famille missionnaire Notre-Dame.
(France bleu Ardèche)

Ardèche : la polémique fait rage concernant la construction d’une église dans la vallée de la Bourges
La congrégation religieuse de la Famille missionnaire de Notre-Dame de Saint-Pierre-de-Colombier porte le projet de construire une église dans la vallée de la Bourges. Un projet constesté par un collectif de citoyens car jugé pharaonique. Les travaux ont pourtant déjà commencé. 
(France 3 Auvergne Rhone-Alpes)

Voir les autres articles sur le sujet

Les Ami.es de la Bourges