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PUISQU’ON VOUS DIT QUE VOUS AVEZ ÉTÉ INFORMÉ.ES !

Les sympathisant.es de la Famille Missionnaire de Notre-Dame (FMND) affirment qu’on ne peut reprocher à la FMND de ne pas avoir associé la population locale au projet car celle-ci aurait été informée par les soins de la communauté religieuse. Vraiment ? Une réponse s’impose !

La FMND dit avoir organisé deux réunions de présentation du projet aux habitant.es de Saint-Pierre-de-Colombier, les 21 septembre 2016 et 10 janvier 2018, salle Saint-Augustin, dans les locaux de la communauté. Elle reconnaît donc que son projet de sanctuaire nécessitait une information de la population, même dans le cas où elle n’en avait pas l’obligation légale. Mais alors, pourquoi si peu d’habitants étaient-ils au courant de la tenue de ses réunions ?

Au vu du coût prévisionnel du projet de centre spirituel (plus de 17 millions d’euros), la FMND aurait tout de même pu mettre quelques moyens dans l’information des habitant.es. Or, il n’y a rien eu dans les boites aux lettres, pas de courriers adressés aux habitant.es, rien. On n’a vu aucune annonce non plus dans la presse locale. Et pas d’affiches ni de tracts dans les différents lieux publics et hameaux de la commune.

L’information des habitant.es concernant ces réunions a été réalisée à la sortie de la messe (ce que la FMND confirme sur son site: voir ici) et à travers quelques invitations ciblées. Ainsi, certains habitant.es (sélectionné.es sur quels critères?) ont été mis au courant par la visite de religieus.es. Encore a-t-il fallu que le hasard fasse qu’ils soient à ce moment-là chez eux ou dans leur jardin.

Bref, on ne procèderait pas autrement si on cherchait à limiter le nombre de personnes touchées. Alors, informé.es des réunions de présentation du projet, les habitant.es de Saint-Pierre-de-Colombier? De toute évidence, cela n’a pas été le cas pour l’écrasante majorité d’entre eux. Les témoignages abondent en ce sens. Et que dire des habitant.es des autres villages de la vallée de la Bourges ou des vallées avoisinantes, directement ou indirectement concernés par le projet ? Leur information a touché au néant…

Par ailleurs, rappelons qu’on ne peut à aucun moment confondre une volonté d’information (réelle ou prétendue) avec une démarche de concertation ou de consultation des habitants. Recevoir une information n’est pas donner un avis ni faire une proposition. Or, il n’y a qu’en associant les habitants au projet à des étapes clés de son élaboration qu’on peut mener un projet concerté. Cela nécessite que soient facilités et organisés l’accès aux documents du projet ainsi que le recueil des contributions de chacun. Ce qui n’a absolument pas été fait ici : aucune démarche participative n’a été menée avec les habitants ni aucun autre acteur du territoire, ni même envisagée par la FMND.

On pourrait objecter que la FMND n’avait aucune obligation à faire de la concertation, ni même à consulter la population, ayant échappé à la contrainte d’une étude d’impact environnementale et de l’enquête publique qu’elle implique. C’est vrai… mais rien n’empêchait la FMND de mener une démarche de concertation si elle le souhaitait, au regard de l’importance de son projet à l’échelle de la vallée de la Bourges : mener librement une telle démarche est possible, comme le rappelle la Charte de la participation du public.

La concertation est en effet une démarche vertueuse qui permet d’améliorer la transparence, la qualité et la légitimité des projets. Toute personne doit ainsi pouvoir participer à l’élaboration d’un projet qui la concerne. Tout porteur de projet peut adopter les valeurs et principes de cette Charte : qu’il soit public ou privé, petite ou grande structure, avec ou sans obligation légale de concertation. Voici le bulletin d’adhésion que la FMND aurait pu remplir pour engager une démarche concertée en amont de son projet si elle l’avait souhaité.

Quant à la commune de Saint-Pierre-de-Colombier, elle aurait pu elle-même proposer une démarche consultative autour de ce projet : plus en aval, au moment de la demande d’autorisations. Certains diront que le projet, privé, ne relevait pas de sa maîtrise d’ouvrage. Oui, c’est vrai, mais il relevait de la compétence communale dans la mesure où la collectivité a dû délibérer pour donner son aval à ce projet et à son permis de construire.

Or, il existe un dispositif légal, la « consultation locale », qui permet aux collectivités territoriales de consulter leurs électeurs « sur une décision qu’elles envisagent de prendre pour régler des affaires relevant de leur compétence » (articles L. 1112-15 à L. 1112-22 du CGCT). Un projet de construction ou d’aménagement soumis à la décision de la commune peut ainsi faire l’objet d’une consultation préalable des électeurs. La commune aurait pu par ailleurs s’appuyer sur la Charte de la participation du public pour mener sa consultation le mieux possible.

Et ce n’est pas tout : pour tout projet ayant une incidence sur l’environnement mais non soumis à une procédure participative particulière (ce qui est le cas de ce projet), la loi prévoit deux dispositifs qui auraient pu intéresser la prise de décision de la mairie de Saint-Pierre-de-Colombier concernant le projet de centre spirituel :

– Les communes de moins de 10 000 habitants peuvent mettre à disposition du public un dossier relatif à un projet de décision, avec ouverture d’un registre (physique et dématérialisé si cela est possible) pour recueillir les avis des habitant.es (art. L. 123-19-1 III du code de l’environnement).

– Dans les communes de moins de 2 000 habitants, une participation peut être organisée, avec une réunion publique permettant d’abord de fixer avec les citoyens les modalités de la participation du public, puis le lancement de la participation en tant que telle (art. L. 123-19-1 IV du code de l’environnement).

Bref, s’il y avait eu une volonté politique d’associer les habitant.es de Saint-Pierre-de-Colombier et de la vallée de la Bourges au projet, elle aurait trouvé des cadres d’action !

Nous n’avons pourtant même pas abordé l’autre dimension de la concertation nécessaire autour de ce projet : celle liée à l’inscription du projet dans une commune adhérente du Parc Naturel Régional (PNR) des Monts d’Ardèche.
Cela fera l’objet d’un autre article sur ce blog…

RAISON D’AGIR, MOYEN D’AGIR : À VOS E-MAILS !

Vous êtes peut-être venu.e manifester avec nous samedi 14 décembre dernier à Saint-Pierre-de-Colombier ? Ou bien… il vous arrive de vous promener ou passer dans les rues du village… Peut-être aussi êtes vous entré.e dans son église, ponctuellement ou régulièrement ?

Dans tous les cas, sachez que vous êtes (ou avez été) filmés ! L’église (communale) et la rue (à la sortie du pont) par laquelle on accède actuellement au chantier du centre spirituel sont en effet sous surveillance… en toute illégalité.

C’est une véritable atteinte à la vie privée et aux libertés publiques ! C’est aussi la manifestation de l’emprise de la Famille Missionnaire de Notre Dame sur le village de Saint-Pierre-de-Colombier, qui franchit ainsi un cap de plus en s’arrogeant des droits sur l’espace public…

VOUS VOULEZ AGIR ? Adressez un mail (texte fourni ci-dessous) à la Préfète de l’Ardèche et au Maire de Saint-Pierre-de-Colombier.

Objet du mail : utilisation abusive de caméras filmant l’espace public à Saint-Pierre-de-Colombier

« Madame le Préfet de l’Ardèche,
(ou) Monsieur le Maire de Saint-Pierre de Colombier,

Je tiens à vous informer que, sur la commune de Saint-Pierre de Colombier, une caméra filmant la voie publique (RD 343) a été installée la semaine du 9 décembre par des membres de la Famille Missionnaire de Notre-Dame sur un bâtiment appartenant à la SCI du Courtiol (dont le gérant est un élu municipal). Aucun panneau n’indique que la voie publique concernée est sous surveillance vidéo. Les services de la Gendarmerie Nationale présents le samedi 14 décembre 2019 ont pu constater qu’eux aussi avaient certainement été filmés sur la voie publique. L’installation de cette caméra a-t-elle été autorisée, Madame le Préfet (ou Monsieur le Maire), par votre accord écrit indispensable (cf loi du 21 janvier 1995) ?

D’autre part, depuis plusieurs années déjà, une caméra a été installée par cette même Famille Missionnaire de Notre-Dame dans l’église de Saint-Pierre-de Colombier, propriété de la commune (cf loi du 9 décembre 1905). Or, aucun avertissement ne prévient que l’on pénètre dans un bâtiment public placé sous vidéo-surveillance. Les médias locaux, régionaux et nationaux ont pu vérifier in-situ l’existence de ces caméras. La mairie et la préfecture en ont-elles été informées ? Ont-elles donné leur accord?

Dans le contexte actuel, c’est extrêmement préoccupant, car ce sont les libertés individuelles qui sont en jeu. De plus, certains groupes politisés tels que Le salon beige et Riposte républicain soutiennent visiblement cette communauté religieuse. Comment peut-on être sûr que ces photos ne vont pas être récupérées et utilisées à mauvais escient par ces groupes ?

Je vous demande donc par la présente, Madame le Préfet (ou Monsieur le Maire), d’intervenir dans les plus brefs délais afin que ces caméras soient retirées. La loi informatique et libertés du 6 janvier 1978 modifiée par la loi du 6 août 2004 doit aussi être respectée à Saint-Pierre de Colombier et les contrevenants sanctionnés.

Vous priant de recevoir mes salutations distinguées, »

N’oubliez pas de signer !  

Envoyez vos mails à:
pref-courrier@ardeche.gouv.fr
mairie-saintpierredecolombier@orange.fr

Merci de nous mettre en copie :
lesamiesdelabourges@protonmail.com

LE CHANTIER DÉPLOYÉ SUR LES 2 RIVES DE LA BOURGES

Nous avons pris cette photo le 14/12/19 depuis le promontoire de la Vierge, au-dessus du village. C’était un samedi et le chantier était au repos, les ouvriers absents.

A gauche de la rivière, le long de la route, là où il y a la grande grue, on voit l’emplacement en travaux de l’aire de retournement des cars projetée. De l’autre côté de la rivière, les murs de soutènement et terrassements, auxquels doit s’ajouter la construction des bâtiments d’accueil-hébergement, avant la construction de l’église elle-même.
Et entre les deux, les piliers de la future passerelle dans le lit de la rivière.

–> Voir plus de photos dans notre galerie!

POURQUOI UN RASSEMBLEMENT LE 14 DÉCEMBRE?

La publication sur notre page facebook de notre tract invitant à un rassemblement citoyen le samedi 14 décembre, a donné lieu à de nombreux commentaires et échanges. Il nous a notamment été demandé d’expliquer pourquoi cette date a été choisie.
Voici donc un éclairage utile.

Comme c’est indiqué dans le tract, il s’agit simplement de tenter de se faire comprendre des pèlerins venus processionner ce jour-là, conviés par la Famille Missionnaire de Notre-Dame (FMND).

En effet, le 14 décembre 2019 est pour la FMND jour de pèlerinage jusqu’à la statue oratoire de Notre-Dame-des-Neiges (statue de la vierge Marie érigée après-guerre, en 1946, en surplomb du village), pèlerinage renouvelé chaque année en décembre, auquel sont conviés les membres de ses différents foyers religieux ainsi que les familles liées à la communauté.

Il faut ainsi savoir que Saint-Pierre-de-Colombier est la maison-mère de cette communauté religieuse qui comporte 12 autres foyers en France, ainsi qu’un foyer en Italie et un autre en Allemagne, soit 15 foyers religieux FMND au total.

Le collectif des Ami.es de la Bourges aimerait simplement que les pèlerins prennent conscience que le projet de « Sanctuaire du cœur immaculée de Marie » qui a justement pour but de permettre le développement de ce pèlerinage, engendre une grande inquiétude chez de nombreuses personnes, et même parfois les choque profondément.

Pourquoi? A cause de ses dimensions qui paraissent inadaptées à la modestie de la vallée de la Bourges (notamment en matière d’infrastructures: routes, parkings, réseaux d’eaux usées…) ou bien de craintes que soient dégradés le paysage et le milieu écologique. Mais aussi en raison de la faible concertation réellement effectuée en amont autour de ce projet.

En effet, l’importance de ce projet aux plans socio-économique et environnemental, mais aussi son originalité en matière de tourisme religieux, appelaient de toute évidence la mise en œuvre d’une démarche de concertation publique (habitants et acteurs socio-économiques de la vallée de la Bourges mais aussi des territoires environnants) bien plus développée et adaptée qu’elle n’a été, notamment dans les moyens mobilisés pour toucher et informer toutes les populations concernées.

Il n’est pas étonnant que le manque de sérieux accordé à la concertation publique (ou à toute autre démarche participative permettant d’associer les habitants et acteurs locaux) ait porté préjudice à l’acceptabilité du projet. Les réactions effarées des personnes qui depuis, se sont opposées à ce projet, s’expliquent donc aussi par un très malheureux problème de méthode.

C’est une occasion cependant pour la FMND de s’interroger sur sa manière d’élaborer son projet ou d’approcher les gens!

RASSEMBLEMENT CITOYEN du 10 août 2019

Ce tract invitait à la mobilisation en plein été… 350 manifestants ont cependant répondu présents!

–> Voir aussi les photos dans notre « Galerie », ainsi que le communiqué de presse très complet à ce sujet dans notre rubrique « Communiqués ».